Expo : MARRONNAGE, L’ART DE BRISER SES CHAÎNES – A La Maison de l’Amérique Latine (Paris 7ème) – Du 12 mai au 24 sept. 2022

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Objets et photographies issus des collections du musée du quai Branly – Jacques Chirac ; Art (tembe), peinture et photographie contemporaine ; iconographie.

Artistes présentés : Sherley Abakamofou, Carlos Adaoudé, Franky Amete, Wani Amoedang, Antoine Dinguiou, Karl Joseph, Antoine Lamoraille, John Lie A Fo, Nicola Lo Calzo, Feno Montoe, Ramon Ngwete, Gerno Odang, Daniel Ortiz, Marcel Pinas, Pierre Verger.

L’exposition « Marronnage, l’art de briser ses chaînes » est proposée par la Maison de l’Amérique latine sur une idée d’Hervé Télémaque.

Elle s’accompagne d’un livre publié en co-édition avec les Éditions Loco, préfacée par Christiane Taubira, et d’un cycle de conférences-projections de films documentaires pour mettre en valeur l’histoire et les productions plastiques de peuples d’origine africaine transportés de force en Amérique du Sud et qui se sont structurés en sociétés issues de la fuite et du refus de l’esclavage.

Au Suriname et en Guyane française, où la forêt les a protégées, ces sociétés (les Saamaka, Dyuka, Paamaka, Boni-Aluku, Matawai et Kwinti) ont d’abord dû défendre leur liberté, puis se construire, se développer et la paix revenue exprimer leur sens du beau, de la grâce : le moy.

Notre ambition est de donner à voir et de contextualiser la continuité et la créativité artistique exprimées par ces peuples, en présentant des objets produits dans la première moitié du XXsiècle, devenus collections de musée, et un aperçu des créations actuelles. Car contrairement à ce qu’ont pu penser certains ethnologues dans les années 1930, lorsqu’ils collectaient non pas des œuvres d’art mais des pièces à « conviction » – des pièces d’études de peuples en voie de disparition – les Marrons ont continué de vivre à leur façon et de créer.

Ainsi les artistes, les tembeman, sculptent et peignent toujours. Sous leurs doigts, les objets du quotidien se transforment en œuvres d’art (un peigne, un plat, une pagaie, etc.), ils sont fabriqués pour soi, offerts à l’autre, en particulier à la femme aimée, ou vendus à des clients. Les femmes confectionnent des capes, calimbés, foulards, en renouvelant constamment techniques et formes, selon une esthétique cependant bien identifiable. L’art dont il sera question dans cette exposition est un art d’émancipation mais aussi un art social qui célèbre les rencontres et qui parle d’amour.

Pour comprendre ces peuples, issus du refus du sort qu’on leur avait réservé, nous donnerons la parole aux témoins, ceux du temps de l’esclavage et les témoins d’aujourd’hui. De cette façon, nous découvrirons une culture originale, née de la guerre et qui réprouve toute forme d’oppression.

Cette exposition présente donc au public des œuvres très rarement exposées. On peut citer par exemple la collection constituée par le poète Léon-Gontran Damas dans les années 1930 sur le fleuve Maroni.

Pour tous ceux qui se désignent eux-mêmes aujourd’hui comme Bushinenge ou encore Busi konde sama, il s’agit ici de (re) découvrir une page de leur histoire et de leur patrimoine vivant.

Cette exposition entend contribuer à faire connaître une population trop souvent ignorée, sans l’enfermer dans le passé, tout en sensibilisant le public à une esthétique qui se réinvente et se joue des catégories (patrimoine / création, art / artisanat, arts premiers / art contemporain, etc.).

Ce parcours sera pour le visiteur et le lecteur, nous l’espérons, une belle rencontre avec des hommes et des femmes attachés à leur identité et à leur liberté.

Geneviève Wiels et Thomas Mouzard, Commissaires de l’exposition.



LIEU : Maison de l’Amérique Latine
217, BD SAINT-GERMAIN – 75007 PARIS
TEL : 01 49 54 75 00

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