WINSTON MCANUFF : un artiste de légende dans l’air du temps

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WINSTON MCANUFF    

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En tournée jusque fin décembre dans toute l’Europe, Winston MCANUFF, pilier de la musique rasta depuis bientôt 35 ans, fait escale à Paris, ville à laquelle il a dédié un de ces titres. Egal à lui même, cette bête de scène a conquis le public français.

Winston MCANUFF porte toujours aussi bien son surnom. A 56 ans, Electric Dread (littéralement, « Les Dreadlocks électriques ») nous livre un show digne des plus grands. Infatigable il danse, saute dans tous les sens et déambule entre les instruments pour le plus grand plaisir de ses musiciens et du public qui le lui rend bien.

WINSTON MCANUFF Finie l’époque rastaquoère, les tee-shirts colorés, les pantalons légers et le gros bonnet en laine retenant un amas confus de dreadlocks. En 2013 Winston MCANUFF opte pour la chemise blanche cintré et le jean ajusté. Un style vestimentaire visiblement assagit mais des cheveux lâchés laissent sous-entendre la persistance de l’esprit rebelle. Ce Jamaïcain pure jus et fier de l’être a su se débarrasser de quelques oripeaux de la culture rasta tout en en conservant la substance même.

Sur scène aux côtés de Marcus, boîte à rythmes humaine, et de Fixi, accompagné d’un piano et d’un accordéon, il nous offre un medley aux sonorités successivement reggae, rock, soul, et de variété s’adressant ainsi à un public large et de tous horizons. On est loin de l’ambiance de ces premiers concerts où planait un large nuage de fumée et où se dégageait une odeur de gandja. Aussi bien au Café de la danse à Paris qu’au Centre culturel Paul B (Massy) le public est composé de couples BCBG, souvent accompagnés de leurs enfants. On y retrouve évidement des rastas, mais aussi des bobos, des jeunes, et des moins jeunes. Vestes en cuir, chaussures à clous, chemises fleuries, sweats à capuche, rockeurs, babas cools, les styles sont divers et cohabitent les temps d’une soirée.

Beat boxer pour le rythme, accordéon et piano aux sons clairs pour une mélodie légère, et la voix de Winston pour nous toucher au cœur et donner vie aux morceaux. Les concerts de Winston MCANUFF en région parisienne ont fini de convaincre ceux qui en doutaient encore que roots reggae et accordéon n’appartiennent pas à deux univers parallèles et incompatibles.

A l’image de son chanteur, cette collaboration à la fois atypique, excentrique et légère, en a surpris plus d’un. Ce compositeur-interprète au timbre de voix rauque légendaire et percutant n’en est pourtant pas à son galop d’essai : on l’avait déjà entendu avec Mad Professor, Improvisators Dub, Camille Bazbaz, Java ainsi qu’avec Mysty k Du et à chaque fois, Electric Dread a su, grâce à ses arrangements, convaincre ses fans de la première heure les plus sceptiques et élargir son public. Car Winston MCANUFF est avant tout un parolier : du reggae, en passant par le rock, le funk ou encore la soul, ses textes sont merveilleusement servis par sa voix éraillée qu’il lubrifie régulièrement en concert à coup de gorgées de miel liquide qui donne aux rythmes une impression de « jamais-vu ».

Artiste éclectique avant tout, Winston n’oublie pas pour autant d’où il vient, ne rate pas une occasion de scander ses « One love » et d’agiter ses dreadslocks dans tous les sens. Une énergie débordante et communicative. Ceux qui le suivent depuis ses débuts l’ont retrouvé égal à lui-même. Intemporel, malgré une barbe qui blanchit peu à peu avec le temps. Pour ceux qui le découvraient à l’occasion de ces concerts en Région parisienne, le charisme fascinant de ce petit homme au large collier ethnique a fait son effet. Tous se sont surpris à se trémousser pour terminer aussi transpirants que l’artiste.

Entouré d’un accordéoniste au style fleuri (Fixi, ex-membre du groupe Java) et d’un beat boxer dandy du XXIème siècle (Marcus), le rasta Winston MCANUFF est, de l’avis des critiques les plus autorisés, précurseur d’un mouvement, qui deviendra peut être un nouveau genre musical : le « reggae-musette ».

Certains y trouveront sans doute un reggae dénaturé. Il est vrai que la rythmique est moins syncopée et que les accords ont gagné en complexité, cependant, le message reste identique et toujours d’actualité : paix, tolérance, ouverture d’esprit et curiosité. Voilà les maîtres mots de ce show hors du commun. Et au fond n’est ce pas cela l’origine de la culture rasta ?

Kessen Ndour

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