Yennenga, l’épopée des Mossé : une légende quelque peu revisitée

618
0
PARTAGER

Yennenga  

Merci de patienter pendant le chargement...

Le Lavoir Moderne Parisien a présenté ce mercredi 24 juillet la pièce écrite et interprétée par Roukiata Ouedraogo, Yennenga l’épopée des Mossé. Un charmant retour sur les racines de cette comédienne originaire du Burkina Faso.

Yennenga: la légende d’après Roukiata Ouedraogo
« Yennenga, l’épopée des Mossé », c’est l’histoire de Yennenga, une princesse amazone légendaire du Burkina Faso. Une histoire que Roukiata Ouedraogo raconte à sa manière.

Ainsi, dans ce spectacle, Yennenga est grandement admirée par le peuple du royaume de Dagomba, le royaume de son père. Guerrière hors pair, elle est reconnue pour sa bravoure et son courage. Elle n’a jamais perdu de bataille et a toujours su protéger les siens. La chasse et les chevaux n’ont aucun secret pour elle. Cependant, malgré ses qualités masculines, Yennenga n’en reste pas moins une femme qui souffre de ne pas avoir de mari ni d’enfants. Elle jalouse toutes ces femmes qu’elles croisent et qui connaissent l’amour et la maternité. Elle a du mal à accepter son sort et se sent comme victime d’une injustice.

Ainsi, face à son propre désarroi, la princesse décide de consulter Domba la sorcière afin que celle-ci puisse l’éclairer sur son avenir. Domba va alors lui prédire que sa vie s’apprête à changer mais que cela se fera au bout d’un long périple. Des paroles qui vont fortement intriguer Yennenga à son retour chez elle. Le mystère plane et la princesse se questionne beaucoup. Néanmoins, Yennenga est une femme déterminée qui ne se laisse pas abattre facilement. Elle se décide alors à affronter pour la première fois son père, un homme vaillant et surprotecteur. Elle lui confie ses envies et ses souffrances mais celui-ci ne les entend pas de la même oreille. Pire, il considère que sa fille n’est pas faite pour le mariage étant donné que celle-ci est une amazone. Son père s’emporte et une violente dispute éclate. Face à tant d’incompréhension, Yennenga empoigne son cheval et s’enfuie.

C’est à ce moment précis que la magie opère enfin et que les prédictions de la sorcière se réalisent. Son cheval, étant devenu incontrôlable, l’emmène loin de ses contrées pour la déposer dans la vallée du fleuve Nakambé. Morte de fatigue, Yennenga décide de s’assoupir dans une maison au bord du fleuve. Une maison qui appartient en fait à Ryalé, un chasseur qui va généreusement lui offrir son hospitalité. Tout au long de son séjour, la princesse va apprendre à cuisiner et aider Ryalé à améliorer sa technique de chasse. Les deux tourtereaux vont finir par se rapprocher et une idylle va naitre entre les deux. Idylle qui va d’ailleurs se concrétiser par la naissance de Ouedraogo, leur fils.

 

Comme toute histoire devrait avoir une fin heureuse, lorsqu’il est temps pour Yennenga de retourner voir son père, celui-ci accepte de bon cœur les changements de sa fille tout comme son gendre et son petit-fils. Celui-ci va même confier une partie de son peuple à Yennenga pour que sa fille puisse fonder un nouveau royaume à son retour chez elle.

Yennenga: Un clin d’œil de la comédienne à ses racines

 

« Yennenga, l’épopée des Mossé », c’est un spectacle coloré et plein de fraicheur. Avec son costume, ses bijoux et sa lance, la comédienne ressemble à une véritable amazone. Une amazone qui part au combat simplement vêtue d’un juste au corps marron et d’une jupe fendue de la même couleur.

Tout au long du spectacle, Roukiata captive l’attention du public et ce, malgré un décor plutôt minimaliste. Elle danse, chante et interprète les différents personnages avec grâce.

 

Incarner ce personnage légendaire et si important pour les Burkinabés est une manière pour la comédienne de faire honneur à son nom et à ses ancêtres. Elle utilise d’ailleurs son propre nom de famille pour nommer le fils de Yennenga. Un nom très répandu chez les Mossé. Lors de l’écriture, Roukiata s’est laissée emporter par la nostalgie de son pays. Elle a tenté de rester au plus près de l’histoire originale mais y a tout de même rajouté sa fantaisie en inventant le personnage de Domba, la sorcière par exemple.

 

« Yennenga, l’épopée des Mossé », un spectacle que la comédienne aime représenter et qui lui permet de rester proche de ses racines. C’est aussi un spectacle qu’elle a su mener de front sans se laisser impressionner par la grandeur du personnage. Ce spectacle a été très bien accueilli par le public du Burkina Faso quelques années auparavant.

 

Présenté pour la première fois en 2008, Yennenga a su une nouvelle fois séduire le public.
Catia Pereira Fernandes

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here